Utilise tes skills comme le GOAT
Hello ! ça va bien ? Comme tu le sais, le contexte a été le grand basculement du fonctionnement des IA, et de loin. On en a déjà parlé, je ne vais pas te réexpliquer pourquoi utiliser des skills. En…
Hello ! ça va bien ?
Comme tu le sais, le contexte a été le grand basculement du fonctionnement des IA, et de loin.
On en a déjà parlé, je ne vais pas te réexpliquer pourquoi utiliser des skills. En revanche, je vais tenter de te donner des idées concrètes sur comment organiser ton travail et tes projets, et ce qui peut valoir le coup d’être tenté, si comme moi, tu disposes d’une âme d’expérimentateur(rice).
Tout ce qu’on verra dans ce post, est disponible gratuitement, pas de pack à 49€, je ne veux pas ton mail (je l’ai déjà, merci d’être là 🫶), je ne veux pas non plus que tu me vendes ton âme, on expérimente et on améliore.

Le skill peut, et doit être évolutif telle une boucle
Quand tu crées un skill pour la première fois, tu y mets ce que tu sais à un instant T.
Imaginons un cas pratique. Tu disposes d’un skill général sur le contexte de ton entreprise, il comprend les informations suivantes :
L’identité générale de l’entreprise
Les clients et leur statut actuel
Les projets en cours et passés
Les objectifs à court, moyen et long terme
Six mois plus tard, deux clients ont changé de statut, un projet est terminé, un autre a démarré, et les objectifs ont pivoté. Ton skill, lui, ne le sait pas. Il continue de travailler sur une réalité qui n’existe plus. C’est là que les erreurs s’accumulent...

Il faut donc un moyen qui permet de prendre les informations nouvelles, enlever ce qui est devenu inutile, et organiser l’ensemble dans un skill en V2.
Je te montre comment dans la section “Comment le faire pour toi”.
Il doit également être optimisé
Avant cela, j’aimerais également que tu comprennes que le skill n’est pas juste un simple fichier .md que l’IA lit bêtement. Dans le cas de Claude, il respecte une hiérarchie claire qui permet de diviser et subdiviser l’information.
Dans ton cas, tu n’as pas besoin de lire tout le dictionnaire si tu y cherches simplement un mot. En revanche, tu dois savoir plus ou moins où chercher. Le skill fonctionne de la même manière.
Concrètement, ça donne une organisation en couches :
Le fichier principal SKILL.md est la table des matières. Il décrit ce que fait le skill, quand l’activer, et pointe vers les fichiers annexes selon le contexte. Il n’a pas besoin de tout contenir.
Les fichiers annexes portent le détail. Chacun couvre un domaine précis, et Claude les consulte uniquement quand la tâche l’exige.
Voici un exemple concret pour une entreprise de conseil :

---
name: skill-entreprise
description: "Contexte complet de l'entreprise. Lire ce fichier en premier.
Charger les annexes uniquement si la tâche les concerne."
---
# Contexte entreprise — Cabinet Conseil XYZ
## Ce que je suis
Cabinet de conseil en transformation opérationnelle, spécialisé PME industrielles
en Île-de-France. 3 consultants. Fondé en 2021.
## Quand charger les annexes
| Si la tâche concerne... | Charger... |
|---------------------------------|-----------------------------------|
| Un client ou prospect | clients.md |
| Un projet en cours ou passé | projets.md |
| Les priorités ou la stratégie | objectifs.md |
| Une offre, un email, un CR | templates/offre-commerciale.md |
| | templates/email-relance.md |
| | templates/compte-rendu.md |
| Le ton, la charte, le style | identite.md |
## Règles générales
- Toujours vérifier le statut du client dans clients.md avant de rédiger une offre.
- Ne jamais mentionner un projet passé comme référence sans vérifier projets.md.
- Le ton est toujours direct et sans jargon inutile. Voir identite.md si besoin.
## Dernière mise à jour
V3 — octobre 2026. Changements : 2 clients archivés, ajout projet client Atlas.Ce que cette structure fait concrètement : Claude lit 20 lignes au lieu de 5 fichiers complets. Il sait exactement quoi ouvrir selon la tâche, et la ligne “dernière mise à jour” te force à tracer les versions, ce qui est utile quand tu passes en V2.
La table de correspondance est la partie la plus importante. Plus elle est précise, moins Claude improvise sur ce qu’il doit charger.
Quand tu demandes à Claude de rédiger une offre commerciale pour un prospect, il va lire SKILL.md pour comprendre le contexte, consulter clients.md pour vérifier le statut du prospect, ouvrir objectifs.md si la mission s’y rattache, et charger templates/offre-commerciale.md pour respecter le format. Il ne lira pas projets.md ni compte-rendu.md, parce qu’ils ne sont pas pertinents pour cette tâche.
Une recommandation toutefois : n’hésite pas à citer clairement la partie à utiliser si tu la connais. Par exemple :
“Rédige l’offre pour X […] Utilise offre-commerciale.md de la partie templates”.
C’est une ligne de plus dans ton prompt, et ça évite une mauvaise interprétation, ou qu’il lise trop d’informations sur un skill complexe avec beaucoup de fichiers annexes. Plus le skill est riche/complet, plus cette habitude devient utile.
L’intérêt de cette structure, c’est aussi la maintenance. Quand un client change de statut, tu mets à jour clients.md. Ça n’affecte pas le reste. Quand tu ajoutes un template, tu crées un fichier dans templates/ et tu ajoutes une ligne dans SKILL.md. La structure reste propre, et chaque fichier reste court et lisible.
C’est cette modularité qui rend le skill vivant. Tu ne touches que ce qui a changé, et l’ensemble reste cohérent. Et aussi, tu brûles moins de tokens, car Claude ne lit que ce qu’il doit lire.
Comment le faire pour toi
Le plus actionnable pour toi dans l’immédiat, c’est de commencer par créer ce skill d’entreprise. À toi de juger la quantité d’informations à y mettre. Si elle devait être trop importante, tu peux faire comme ce que j’ai fait de mon côté :
Skill 1 : l’entreprise en général divisé dans une arborescence
identité.md
clients.md
projets.md
objectifs.md
templates/offre-commerciale.md
templates/email-relance.md
templates/compte-rendu.md
Skill 2 : savoir technique complet des systèmes utilisés divisé dans une arborescence
système 1.md : informations ETL, extraction de données, imports, mises à jour
système 2.md : paramètres Excel spécifiques pour la restitution au bon format
système 3.md : CRM, gestion clients, ajouts/suppressions
Ensuite, en deuxième, connecte tout ce que ton entreprise t’autorise à connecter :
Bases de connaissances (Notion, Sharepoint/Drive)
Echanges d’entreprise (Outlook/Gmail)
Comptes rendus de réunions
En troisième, paramètre ton projet, pour que chaque information clé finisse en mémoire Claude avec une instruction de projet comme celle-ci :
Écrire la note à chaque tour qui produit un fait durable. Dès qu’une décision, un résultat testé ou un fait client est établi, ajoute-le immédiatement à la mémoire du projet en t’assurant que ce soit un fait nouveau. Tu peux exclure l’apprentissage générique non propre à [nom de ton entreprise].
Grâce à cela, on aura une mémoire disponible dans le projet, que tes routines pourront aller chercher pour auto-améliorer les skills.
Enfin, mets en place le duo qui fait vivre la boucle : un skill « chef d’orchestre » et une routine qui le déclenche. Ce sont deux choses distinctes, et la distinction compte.
Le skill chef d’orchestre, c’est la méthode. Il ne stocke pas de savoir, il décide. Il définit comment trier ce qui s’est dit (ce qu’on retient, ce qu’on écarte), à quel skill chaque information appartient (contexte entreprise ou savoir technique), et comment repérer ce qui est devenu faux pour le remplacer. Il lit au passage les SKILL.md des autres skills pour savoir ce qui existe déjà et ne rien dupliquer. C’est lui, et lui seul, qui juge si l’information X ou Y mérite d’entrer dans un skill.
La routine, c’est le déclencheur. Un prompt programmé qui tourne à intervalle régulier, va lire la mémoire du projet, applique la méthode du chef d’orchestre, et produit la nouvelle version des skills 1 (infos entreprise) et 2 (savoir technique). Le chef d’orchestre dit quoi faire, la routine le fait tourner.
C’est peut-être plus parlant en image :

Concrètement, voilà ce que produit la routine quand elle tourne. Elle lit la mémoire du projet, trie ce qui mérite d'entrer dans les skills, et génère la nouvelle version complète de chaque skill concerné, déposée en .zip directement dans la conversation de la routine, prête à récupérer.
En parallèle, elle envoie un mail récapitulatif : la fenêtre couverte, les ajouts proposés skill par skill, les points qui demandent encore ton arbitrage, et un rappel que chaque archive remplace entièrement le skill du même nom une fois enregistrée. Le mail sert d'alerte et de résumé, les fichiers vivent dans la conversation.
Reste à dire qui a le droit de faire quoi, parce que c'est ce qui dessine la frontière entre l'automatique et le manuel. La routine peut lire et écrire dans la mémoire du projet : c'est son terrain, elle y capture et y range librement. Elle peut aussi lire les skills, pour savoir ce qui est déjà intégré et ne pas le reproposer. En revanche, elle ne peut pas écrire dans les skills. Mettre à jour la source de vérité reste un geste humain, et c'est précisément là que la boucle se referme sur toi. On touche ici à une limite réelle de l'outil, sur laquelle je reviens plus bas.
Liens vers les instructions et skills à tester
Voici les coquilles à intégrer, adapter et enrichir pour ton système :
Prompt pour l’instruction de projet
Le skill contexte d’entreprise
Pense que ce sont des structures que je te donne que tu dois travailler pour ton entreprise ou projet, celui qui te vend un skill tout fait te vend de l’air. Ce n’est pas adapté à ton besoin.
Les limites actuelles des skills à connaître
Tu vas faire d’énormes progrès dans ta compréhension de beaucoup de mécaniques des LLM en testant l’orchestration des skills. Il convient toutefois de savoir qu’il existe certaines limites qui n’ont pas encore été adressées.
La chaîne complète « conversation → capture automatique → écriture dans le skill » n’est aujourd’hui pas entièrement automatisable à l’intérieur de claude.ai, pour deux raisons cumulées :
On n'est automatisé qu'à 70-80%. Tu gardes une part de responsabilité sur la réussite des workflows de skills. Voir les deux points suivants.
La routine ne lit pas les conversations passées (ton mur). Tu es obligé de passer par la mémoire en projet de Claude qui elle est pilotable. Il faut donc t’assurer de lui donner une instruction pour enrichir la mémoire avec assiduité (ce que nous avons fait)
Rien dans claude.ai ne peut écrire automatiquement dans un skill : le skill se met à jour par ré-upload manuel du bundle. Concrètement, avec ces skills, tu vas recevoir un mail pour t’informer des suggestions de changement, et tu pourras aller dans la conversation de la routine pour récupérer la nouvelle version de tes skills en .zip et les charger.
J’ai donc souhaité demander à Anthropic s’il existait une possibilité d’avoir des skills qui se mettent à 100% automatiquement à jour. Ils ont trouvé l’idée intéressante, mais pour l’instant ça n’existe pas 🥲

Mot de la fin
Je t’encourage à continuer à améliorer le skill, pour le considérer comme une source de savoir ultime et fiable, qui te fait gagner des heures. Je vais de mon côté continuer à améliorer le système et je le documenterai également depuis Substack, dans la continuité.
Une suggestion : instaurer un système de feedback pour les arbitrages qu’on va te demander.
Tu pourrais par exemple mettre un fichier .md dans ton projet dans lequel tu tranches sur les doutes :
Verdicts
Point 1
Question : Origine de la colonne XXX
Verdict : Elle vient de XY
Point 2
Question : Le skill dit « racheté par XXX », la note précédente dit YYY (2021)
Verdict : Mets-y YYYMentionne ce fichier dans ton skill chef d’orchestre. Ainsi, il ne te posera pas les mêmes questions d’un passage à l’autre.
Tout ce que je décris ici, je le construis et je l’améliore aussi avec les entreprises que j’accompagne via Altiplane, mon activité de formation et conseil en IA pour les PME franciliennes. Si tu veux qu’on regarde ensemble comment l’adapter à ton contexte, tu sais où me trouver.
Sinon, je serais très content de pouvoir échanger sur de potentielles améliorations, ou sur comment tu comptes l’appliquer pour ton cas. Comment vas-tu le tester ?
Bonne semaine,
Franz
Construire avec l'IA
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